Les souvenirs sont aussi précieux qu'invisibles

Préservez-les

Qu'il s'agisse de se remémorer le beau

ou d'un exutoire pour ce dont on ne veut plus s'encombrer.
Les mots posés font avancer. 

Quels souvenirs, quelles histoires ?

La rencontre avec votre moitié. Le jour où vous avez décidé de changer de vie. Votre demande en mariage. Son premier éclat de rire. Ce que vous aimez chez eux. Vos fiertés. Vos rêves. Vos peurs. Le souvenir qui vous fait encore éclater de rire. Celui qui vous fait pleurer. La surprise qui vous a ému. Votre changement de vie en cours. Les difficultés qui vous ont forgées. Les victoires accomplies. Le premier rendez-vous. L'amour. L'enfance. Les départs. Les réussites. L'adoption. Les expériences qui font avancer et que vous voulez laisser en héritage. Les touts et des riens. Les parcours hors du commun. Les choses du quotidien. Ce que vous ne voulez pas oublier. Ce qui est précieux et que vous voulez garder et transmettre. 

 


ELLES

// Relation mère fille //

(...) 28 ans les séparent et depuis la rentrée, 100 km se sont rajoutés. Pour autant, leur lien est aussi indélébile que le portrait de Frida Kahlo fraîchement tatoué sur le bras de la plus jeune des deux. La petite fille a grandi c'est certain.  Le temps où sa mère lui dessinait des coccinelles sur ses doigts de pieds taille bébé est passé. En quelques mois, le quotidien millimétré bus-lycée-taekwondo de Maëlle a laissé place à un tsunami de nouveautés. Son bac mention bien obtenu, l'aventure se joue désormais à Tours, à une heure de la maison familiale de Lailly-en-Val. Heureuse et fière d'avoir réussi le test d'entrée elle a intégré l'école de graphisme qu'elle convoitait. Et c'est seulement après s’être installée dans sa nouvelle vie qu'elle a quitté ses 17 ans pour la majorité. Ce départ en rappelle un autre. C'est aussi à 18 ans que Mireille avait troqué le domicile familial pour la première adresse à son nom et à celle de son petit-ami de l'époque. 18 ans chez les femmes de cette lignée est bien l'âge de l'émancipation. (...)


2001 NUITS ET DES POUSSIERES

// Il était une fois une rupture //

(....) La main est la première à s'éveiller. Elle caresse le drap, frôle la douceur et les plis du coton. Dans la chaleur apaisante du lit, elle voyage vers sa destination, son port d'attache. A son tour, la mémoire renaît, encore paisible et embrumée, pareille à une mer d'huile. Mais la main sur son chemin ne butte sur rien et à mesure que les doigts cherchent en vain, la mémoire trouve. Sortent du sommeil des bribes de souvenirs acides et coupants. Puis un doute. Puis un moment. Une certitude. La main se crispe, la panique s'invite, le souffle se coupe. Les yeux, grands ouverts, fixent l'absence. Alors, ce matin encore, c'est au tour de la douleur et des pleurs de resurgir. La douleur est aussi vive que les larmes inépuisables. Un puits sans fond. Une lame de fond. Vertigineuse. Sans cesse, chaque matin, chaque midi, chaque soir, elles naissent, roulent et déferlent les larmes, à l'image de tsunamis, sans retour possible, les unes après les autres. Puis elles se noient dans les draps et rejoignent son odeur encore là. Il est parti il y a quelques jours seulement. (...)


LE PAVILLON

// Etre là au moment où la vie bascule. Poser des mots pour accepter les faits //

(...) Il y a ici une forme de tranquille perfection, qui s'installe sans faire de bruit pour ne pas déranger le voisinage. Chaque chose est à sa place. Plus je vois les jardins, l'espace entre chacune des maisons, les rideaux aux fenêtres, plus je ressens une forme d'exotisme. Je sors mon appareil pour l'occasion et je commence à photographier, ou alors j'ai commencé après je ne sais plus exactement. Du pavillon de la jeune retraitée, une voix interpelle la femme qui s’apprêtait à rentrer dans sa voiture.

- « Sabine ! Viens ! Ton père est tombé, je suis en panique ».

Je ferme ma portière, mes yeux balayent la scène pour comprendre. La femme claque sa portière à son tour, suivi de son jeune fils. Elle se dirige en courant vers la maison qu'elle venait vraisemblablement de quitter. Je rentre avec le livre que j'étais partie récupérer 2 minutes plus tôt. Je raconte ce que j'ai entendu et ce que j'ai vu dehors. De notre côté de la haie, le barbecue est lancé, il peine à prendre. Les 2 chats de la maison se toisent sous le regard inquiet de ma belle-sœur qui veut éviter une guerre des griffes. Mon frère a tourné les merguez, le samu a été appelé nous dit-il, il vient de l'entendre. (...)


LA DERNIERE MAISON

// Quant le récit est encore trop lourd à formuler, les définitions allègent les maux //